Tu serre les poings très fort jusqu'a ce que tu sentes le sang couler dans ta paume.On t'as appris a souffrir en silence,aussi tu ne pousses pas un seul gémissement,aucune larme ne sort de tes yeux bien qu'ils soient rouges,et ta bouche se tord en un rictus de douleur.Tu fermes les yeux,et tu attends.Tu attends quoi?Tu n'en sais rien.En fait,tu n'as jamais vraiment su ce qui t'attendais.Finalement tu aimerais bien hurler et pleurer.Alors les gens accoureraient,te serreraient dans leurs bras,tu te sentirais mieux,aimée,choyée,entourée.Mais ça,jamais tu ne le feras.Tu as trop d'orgueil,ton ego t'interdis aux autres avec une efficacité incroyable et tu ne sembles pas entrer dans la norme autant sur le plan physique que moral.Tu te dis qu'un jour,tu rencontreras quelqu'un comme toi.Qui te comprendra,que tu comprendra.Mais au fond tu sais que les gens comme toi sont faits pour rester seuls,et non aucune envie d'en changer.Ou plutot,qu'ils ne peuvent pas en changer.C'est trop tard.Tu es née comme ça,te le resteras.Le sang continue a couler,tu ne veux pas que ça s'arrete,tu serre les poings encore plus.Tes ongles rentrent dans ta chair,une douleur sourde te broie le poignet.Tu inspire un grand coup,les yeux toujours fermés.Tu es seule dans ces toilettes,tu devrais etre en classe depuis 5 minutes.Si tu avais un cutter,ou quelque chose de coupant,tu te serais déja tailladé les veines.Mais,tu ne veux pas qu'on sache que tu as tenté de te sucider.Souffrir en silence,mais seule,et en secret.A présent que les larmes coulent le long de tes joues porcelaines,tu te laisse glisser le long du mur et tu te retrouve assise,les poings toujours serrés,le poignet aussi rouge que le sang qui coule entre tes doigts.Et puis tu relache la pression.En regardant tes mains,tu vois l'image de ta souffrance que tout le monde semble ignorer.Maintenant tu fixes le plafond,tu restes immobile.Tes paumes meurtries te font souffrir le martyr,mais n'est ce pas ce que tu es?
Tu finis malgrès tout par te redresser.Par sortir de ce trou a rats,par monter les marches,par aller retrouver les pions leurs demander l'autorisation d'aller a l'infirmerie.Tu ne leur explique pas comment tu t'es fait ça,tu marches le dos droit,la tete baissée,pour qu'on ne voit pas les auréoles rouges qui entourent tes beaux yeux gris.Tout a l'heure tu retourneras en cours,les gens te regarderont,ton professeur te demanderas ce qu'il s'est passé,mais tu lui inventeras un vieux mensonge qu'il gobera sans se soucier de la verité du mot.Puis,tu iras rejoindre ta place au fond,tu sortiras tes affaires et ils arreteront de te regarder.Tu penseras qu'ils s'en contre fichent,et tu ne t'en porteras que mieux.C'est que tu penseras.
Ce que tu ne sais pas,c'est que tu es trop belle pour leur yeux de rats.Tu es trop belle,dans ta souffrance.